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Posted by on 16 Juil 2012 in News, Séjour Juillet 2012

Arrivée à Fort-Liberté

Arrivée à Fort-Liberté

Bonjou Tout Moun, Bonjour tout l’monde,

Arriver à la DBTec, l’école gérée par des Salésiens de Don Bosco à Fort-Liberté, était déjà une aventure. Lundi 9 juillet, tôt, très tôt, nous avons rejoint Orly-Sud depuis Bruxelles et Farnières (à deux véhicules) pour grimper ensuite dans un avion d’Air Caraïbes. Première classe pour quatre d’entre nous. Seconde pour les autres. Heureusement, pas de discrimination pour l’apéro : Ti Ponch pour tous ceux qui veulent. Après une escale à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), petit vol vers Port-au-Prince où le soir tombe plus vite que la température.

Chacun reprend ses deux valises (l’une personnelle, l’autre remplie de fournitures scolaires, de peluches ou de matériel d’animation) et sort de l’aéroport, escorté par Angelika, (coopérante belge) et le Père Sonel (responsable de la DBTec). A la Maison provinciale des Salésiens de Port-au-Prince, nous attendent un copieux cinquième repas (avec le décalage horaire, on n’a pas arrêté de manger de la journée) et dix matelas pour douze. Premières sueurs et premier cri dans la nuit, mais au final, Nadia a remporté son combat contre sa crampe.

Mardi 10 juillet, réunion matinale pour les chefs (Pierre-Dominique et Alberte), grasse mat’ pour les lieutenants. Il faut ménager les troupes avant un voyage plutôt éprouvant : huit heures pour parcourir les 250 km qui nous séparent de Fort-Liberté. Voie express ou chemin cabossé, route côtière ou voie de montagne, les revenants au pays observent les changements (« La route a été refaite », « Il fait plus propre maintenant », « Avant, il y avait plein de tentes sur la colline »). Pour rendre la route moins longue, on chante, on dort, on crie « Doooooooos d’âne » et on mange des queneps, ces petits fruits cousins du lichi dont le gros noyau « pourrait servir à faire des colliers de perles » selon Bernadette. Virginie reçoit là sa première grosse responsabilité : collecter les noyaux en vue d’un atelier brico. Nous arrivons sans pépin au centre Don Bosco et prenons nos quartiers à « l’Hôtel » comme on appelle cette partie destinée à l’accueil de personnes. Après le repas, la fatigue aidant, chacun rejoint sa moustiquaire.

Cette nuit-là, les cris de Nadia sont remplacés par des aboiements de chiens errants, des braiements d’âne et la danse du moustique. Au matin du mercredi 11 juin, douze petits voyageurs se lèvent. Onze petits voyageurs s’asseyent à la table du déjeuner. Il en manque un. C’est le sportif de la bande qui est parti voir si la mer était plus bleue ici qu’en Belgique. C’est le cas ! Mais ça mérite un petit rappel des règles locales : interdiction formelle de quitter seul l’enceinte du centre. Il ne faut pas encourager la pratique, déjà vue, d’enlèvement de blancs qu’on restitue contre une rançon.

Après une courte réunion de travail, visite guidée des lieux en compagnie du Père Sonel. La DBTec est une grande école primaire et secondaire du cycle inférieur, mais aussi une école supérieure qui propose déjà des études de secrétariat, l’école normale, des études d’infirmière… Nous avons pu découvrir la nouvelle classe de cours pratiques pour les infirmières avec mannequin, bras à perfusion et superbe tableau sur roulettes réalisé par Nico et Jéjé un peu plus tôt dans l’année. Dès la rentrée prochaine (octobre), de nouvelles formations techniques seront accessibles en couture, plomberie, menuiserie et maçonnerie, quatre sections disposées dans deux grandes ailes de l’établissement et équipées avec du matériel dernier cri. Le défi de l’école est maintenant de trouver pour chaque filière des professeurs compétents. Lors de la visite, certains se demandent si ces équipements ultramodernes ne sont pas trop en décalage avec un marché de l’emploi plus traditionnel. Le Père Sonel compte en tout cas sur un nouveau zoning industriel dédié au textile qu’on construit à Fort-Liberté pour offrir aux futurs étudiants des débouchés professionnels. Nous visitons également le chantier du nouveau réfectoire, les classes construites par les élèves de Don Bosco Verviers et les plantations de la section agriculture.

A 16h, nous prenons le car scolaire pour nous rendre dans le quartier des pêcheurs, pas loin de la cathédrale. Là, une chaloupe nous attend. Ou l’inverse ? Toujours est-il que, cheveux au vent, une main dans l’océan, nous partons à l’assaut de la mer de Fort-Liberté. Une expédition que ni Christiane, 60 ans ce jour-là, ni les autres n’oublieront. Car avant d’atteindre la plage promise et son apéro « Noix de Coco », « Passion » ou « Planteur », il faut traverser une tempête qu’on affronte en riant, en chantant Bon anniversaire, en écoutant notre capitaine Tony nous dire « Pas de problème », en se cachant dans son T-shirt ou torse-nu et poing levé. Le résultat est le même pour tout le monde : trempé ! Ca ne rend que plus savoureuse notre pause détente où avant de trinquer à la santé de Christiane, on barbote dans une eau aussi chaude que le jacuzzi d’Aqualibi.

Et comme on n’a pas tous les jours soixante ans, on continue à fêter la jubilaire à la DBTec avec un festin de lambis (coquillages), poisson et ananas. Le bal s’ouvre avec un langoureux Compas (slow haïtien) exécuté avec brio par Christiane et Pierre. Jackeline suit avec Diego, volontaire espagnol. François entraîne Virginie et Mike enchaîne les conquêtes locales sur le dance-floor. Bref, du bon temps, mais pas d’excès, déplore Celui-qu’on-prenait-souvent-pour-un-Haïtien. A 23h, tout le monde au lit. Même la vaisselle attendra demain.

Jeudi 12 juillet, réunion « Animation 2012 ». Le Père Sonel rappelle les objectifs des animations d’été auxquelles nous allons participer : ne pas laisser les jeunes désœuvrés pendant les vacances pour qu’ils réattaquent l’école dans un bon esprit à la rentrée. Dès lundi 16 juillet, des activités sportives et de « patronage » (jeux, chants, bricolages…) seront proposées aux enfants le matin. L’après-midi, les jeunes pourront prendre part à des ateliers plus scolaires (informatique, anglais, couture, cuisine, artisanat, art floral, cosmétologie, musique…). D’ici là, nous allons préparer ces animations que nous donnerons en collaboration avec une dizaine de jeunes Haïtiens.

C’est tout pour aujourd’hui. Portez-vous bien et, comme on dit en Créole… Bye-bye !