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Posted by on 2 Mar 2016 in News, Séjour

Séjour Don Bosco Verviers

Séjour Don Bosco Verviers

Un chalet suisse en Haïti
Bien sûr qu’il ne résisterait pas à une bonne neige, et encore moins à un bon feu, mais en fait il est prévu pour des vents de 200 km/h… et puis là-bas, la neige…elle n’existe pas, na !!
Ah, pardon vous ne savez pas de quoi il s’agit ! Voici notre histoire :
« Eh M’sieur, pourrions-nous un jour regarder la vidéo du bâtiment que les élèves ont construit en Haïti il y a 5 ans, et 2ans ? »
Car il s’agit bien de notre troisième périple dans ce pays qui compte désormais 21 nouveaux cœurs accrochés à son destin.
Ainsi, comme point de départ, nous attendons l’étincelle des élèves, puis nous embrayons directement avec notre équipe de professeurs avides de vivre la vraie incarnation d’un projet mené de A jusque Z.
Tellement impatients de remettre les pieds sur le sol haïtien, ce pays possède une magie sans limites : sourires des habitants, chaleur des rapports et du climat, sincérité du contact, partages authentiques, paysages splendides, force de vivre et de poursuivre le long chemin,… Les valeurs humaines prennent dans ce pays des connotations de ciel rouge orangé, comme quand saint Nicolas prépare ses biscuits…
Et la machine se lance : prise de contact avec L’ASBL Farnières-Haïti, notre partenaire des 2 premières expériences, qui trouvera nos futures tâches.
Nous partirons cette fois avec une équipe massive de futurs électriciens en plus des menuisiers. C’est l’occasion rêvée pour certains membres de l’ASBL qui se sont mis à rêver de photovoltaïque dès leurs premières expériences en Haïti.
Les travaux exécutés seront dès lors répartis comme suit : pose de panneaux photovoltaïques, réfection générale de plusieurs bâtiments, du système d’irrigation de l’école d’agronomie et nouvelle installation électrique dans l’ossature bois des menuisiers. De plus l’équipe des « élecs » soutiendra activement le montage de l’ossature.

Grâce à un contact sur place, nous obtenons des mesures « presque » précises et là le rouleau est parti : dessin du bâtiment, établissement du bordereau et commande des bois, métré des câbles électriques, formation du groupe à la pose de panneaux photovoltaïques, ventes d’assiettes de saint Nicolas, recherche de sponsors, présentation du projet à diverses associations, parrainage d’une journée de 24H de travail, réalisation de travaux pendant les vacances, présentation et étude du pays dans les cours généraux, chargement du container début décembre et… attente du moment du départ.

3 février, 4h30. Toutes les valises ont été vérifiées, pesées, remplies à fond, filmées le soir précédent. Les mêmes pulls, le même t-shirt, mal dormi mais enfin nous y sommes !! Les parents avouent leur dernières inquiétudes, le groupe est déjà loin….bien loin. Premier décollage pour un bon nombre d’entre nous : «Mais non, ça ne se voie pas que tu paniques… cependant évite d’arracher les accoudoirs de ton siège, ça fait mauvais genre ! » Bruxelles-Amsterdam: rapide, facile.
Première mauvaise surprise à Amsterdam pour partir sur Atlanta, nous devons laisser 2 membres sur place, un numéro de passeport pas bon d’un élève et un prof resté avec lui. Ils nous suivront sur le même vol le lendemain. Nous devons embarquer, nous devons décoller et cela se passe si vite que nous n’avons quasiment pas le temps de nous rendre compte de la situation.
« Ces vols long-courriers, je vous jure c’est du velours » Atterrissage à Atlanta. Entrer sur le sol américain n’est pas trop aisé la première fois, nous le confirmons. Notre groupe sera pris en charge par « un ami qui nous veut du bien ». Il nous amène à un autre check-point où nous perdons tant de temps que l’avion pour Port-au-Prince fermera littéralement la porte derrière nous avec 40 minutes de retard. Là, nous prenons de face les 6 heures de décalage horaire. C’est long la journée de 30H. Etonnés de sortir derrière le réacteur de l’avion ? Ah non c’est juste la chaleur du pays.
Accueil déjà chaleureux à Fleuriot où nous prenons conscience de l’importance de notre projet pour ce pays et nos partenaires salésiens.
Le lendemain, déplacement jusqu’à Fort-Liberté, notre lieu de travail. Magnifique ce car jaune avec les portes qui ferment à la main, comme dans les films.
Maintenant c’est sûr les haïtiens ne choisissent pas une voiture, ils choisissent un klaxon et dans ce pays il n’y a pas de chauffeurs, il n’y a que des pilotes !!!! Motos, tap-tap, vélos, véhicules indescriptibles sortent de tous les côtés et s’ajoutent aux nombreux cratères qui jonchent parfois le sol. Tu voulais dormir dans le car…tu rêves !!

Fort-Liberté, nous voilà. Cette longue traversée nous a convaincu que ce pays est beau, très beau !
Premier contact avec nos futurs chantiers, installation dans le dortoir…la proximité va être des plus plaisantes avec les ronfleurs !! Notre seul souci, le container est toujours à Port-au-Prince. La soirée nous recevons la nouvelle qu’il quitte enfin le port. Il devrait arriver le lendemain matin.

Premier jour, nettoyage de la dalle, mise en place de la future quincaillerie et au moment où nous commencerions à tourner en rond, le container arrive. Ok maintenant c’est sûr, Don Bosco nous accompagne. Confiance mes amis, confiance.
Et cette première matinée se partage entre la chaleur dans le container et la mise en place des chantiers. Tout est fini quand nous partons manger à midi. Super !! Pendant ce temps le container d’il y a 5 ans trouve sa place près du terrain de foot, non sans un terrible et fastidieux déchargement de la remorque : le camion mis d’équerre à la remorque et qui tire en levant des 2 roues avant…rodéo.
Pour les menuisiers c’est aussi l’occasion de reprendre toutes les mesures et enfin établir les plans d’exécution définitifs. Les électriciens contrôleront et prépareront les marchandises pour le lendemain.
Nous y sommes, les chantiers débutent sur les chapeaux de roue, tout le monde trouve rapidement sa place et chacun offre son aide à l’endroit nécessiteux : réveil 5h30, collation 5h45, début journée 6h, pause déjeuner 9h30-10h30, reprise jusque 13h30.
Très rapidement nous remarquons que finaliser les chantiers sera très difficile si nous ne travaillons que les matinées. Les plus courageux, les plus en forme, les moins malades, remontent leurs manches pour donner l’impulsion nécessaire (10 jours de travail en tout dont 7 jours du lever au coucher du soleil !!)
Comment tenons-nous le coup ? Simplement en se fixant des objectifs journaliers réalistes et en ne réfléchissant pas de trop à la chose surtout. Les élèves démontreront un courage, une persévérance et une endurance sans failles…même si cela coûte 5 kg à plusieurs.

Quel temps pour le reste dans tout cela ? Et bien vous n’imaginez pas comme un homme peut mettre de l’énergie dans un tas de choses quand l’envie et la motivation sont présentes. Voici donc notre programme après-journée.

La messe du dimanche matin. Une chorale dont la ferveur a amené des larmes, des danseuses, un sermon très intelligent et efficace. Cette recette nous a tous embarqué vers cette population qui nous applaudit pour ce que nous venons faire là.
Dans ce lieu où Dieu est célébré, tout un village nous prouve sa reconnaissance et nous sommes profondément touchés… étrange moment où humilité et fierté sont unis pour un instant de mariage entre 2 peuples à la même devise.

Animation du patronage le dimanche après-midi : la danse des légumes, la mise sur pied de jeux, la danse de Philibert, le cercle des chansons et surtout une soirée où les enfants nous ont approchés, en toute simplicité, en toute sincérité. Juste pour toucher les cheveux non crépus, sentir les poils sur les jambes, montrer leur adresse et leur vitesse aux jeux de mains, juste pour sentir la chaleur humaine dont nous sommes capables, souvent sans le savoir.
C’est souvent à ce moment que le cœur chavire et là, comme une évidence, nous savons que chaque jour passé loin de ce pays nous renversera et nous bouleversera… c’est foutu vieux, t’es accro !! Cet enfant qui s’est glissé simplement dans tes bras, et qui t’enserrait aussi…oui, c’est ce jour-là que tu découvres ton envie d’aimer sans limites et sans barrières… envie d’être père vous avez dit ?

La citadelle, la montée impossible, un endroit beau à couper le souffle, la forêt tropicale tout autour, une folie des hommes dans un endroit inaccessible. Ce sera aussi le premier contact autre que dans le centre avec les pères salésiens : ce sourire dans l’effort, cette autodérision, cette manifestation continuelle du plaisir de partager l’effort avec nous…même si certains préféreront le petit cheval pour gravir ce sommet ! En tout cas tout le monde n’a pas un Clint Eastwood en lui. Pauvre cheval tout de même.
Traversée du village et le restaurant qui suit laissera un goût de trop peu… sauf pour cet éternel riz…là si ça continue même notre spécialité de tarte au riz de Verviers ne nous tentera plus !! Direction ensuite la plage de Phaeton. Notre chauffeur-pilote emprunte un sentier où la démonstration de dérapage et de contrôle absolu sont en prime, ponctués des cris de victoires de tous et avec une musique créole dingue dans les oreilles en plus de la danse dans le fond du car. La météo n’est pas terrible, mais la mer se révèle accueillante et le diacre Fitz-Gérald apprend plus ou moins à nager avec l’un des nôtres.

La visite du fort de Fort-Liberté. C’est dingue la quiétude qui se dégage de cet endroit. Ce lieu a abrité la souffrance et la mort, mais il aspire désormais à une sérénité perceptible dans chaque pierre restée debout.
Un bord de mer digne de carte postale, les mangroves à 2 pas, un tapis d’oursins dans les vagues… et toujours ces accompagnants hauts comme 3 pommes qui prennent la main avec tant de joie qu’il est impossible de ne pas ressentir l’envie de les garder près de soi. L’enfance est dans ce pays tellement porteuse d’espoirs qu’il nous faut bien toute notre retenue européenne pour ne pas perdre la tête. Au diable l’avarice, nous ne nous sommes pas retenus, c’est tout !!
Traversée du village au retour, nous découvrons encore une autre réalité : ruelles, routes de terre, maisons en devenir, petit marché, petit commerce qui vend des chips (trop bien). Nos amis du centre nous proposeront de goûter la canne à sucre et nous voilà tous au milieu de la rue en attendant nos 3 petits bâtons qu’une dame bien sympathique et très enchantée de nous servir prépare soigneusement avec sa machette qui coupe…comme un rasoir. En 2 minutes un groupe de personnes nous entoure, nous sourit et rigole en nous voyant, complètement novices de cette expérience. « Et j’vous l’dis quand il n’y a pas de chiques dans les parages, la canne à sucre s’est si bon, bon, bon ».

La soirée de remerciements. Direction Cap Haïtien, restaurant LAKAI…UNE PIZZERIA !!! Avec une vraie odeur de pizza une vraie piste de danse que nous honorerons comme nous le pouvons face à des haïtiens que la musique habite bien mieux que nous. Nous recevrons comme cadeau plusieurs danses, face à nous, rien que pour nous, avec une gratitude perceptible jusque dans les déplacements.
Et avec tout l’abandon dont nous sommes capables nous profitons un maximum de la fin de soirée, libéré par tant de plaisirs vécus et tant d’envies surtout de profiter jusqu’au bout de ce voyage désormais trop court.

Dans l’évaluation que nous vivons presque tous les soirs nous retiendrons le plaisir avoué de chacun, la joie de la prière avant le repas, la découverte d’un peuple et du groupe et des compétences techniques de chacun, l’impuissance face à la pauvreté, la richesse de la différence des cultures, l’envie de retrouver les frites, une structure salésienne forte et entreprenante, le bien être ressenti dans le don de soi,…

Vous faut-il encore d’autres preuves que nous avons vécu intensément ces 2 semaines, que nous avons grandi et changé notre vision ?

Des événements à vous dévoiler, nous en comptons tant. Mais dans notre tête c’est comme un jour de déménagement : tu ouvres la porte et il y a des caisses partout, un travail immense !! Le seul sentiment que tu ressens c’est l’incertitude du premier geste à accomplir. Pourtant tu commenceras bien par un petit truc, c’est sûr.
Alors laissez-nous le temps de nous reconstruire et de déménager vers une personne plus humaine, plus sensible, plus forte.

Merci à toi Don Bosco qui nous a suivi tout le voyage et merci à toi peuple haïtien qui possède ce pouvoir de, par la simplicité, changer le cœur des hommes.

Vers l’infini et au-delà

Merci à toute l’équipe présente de Don Bosco Verviers pour ce beau travail.
Merci spécialement à Roger et Pierre-Dominique.
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