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Posted by on 6 Fév 2010 in News, Séjour Février 2010

6 février 2010

6 février 2010

Bonjour à tous.

Déjà 2 nuits et beaucoup de choses à vous raconter. Moi aucun problème, 3 à 4 heures de sommeil, une excellente nourriture, des boissons fraiches, une grosse chaleur déjà, beaucoup d’amitié et de bonheur d’être attendu et accueilli, par les moustiques aussi, mais je viens d’en écraser un (exploser serait plus juste) qui me mangeait les pieds depuis 5 minutes.

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Donc tout va bien, merci. Pour Haïti, rien à dire; il n y a rien à dire. La folie, tout simplement, la folie; le blocus (bouchons) sont encore plus importants qu’avant. Près de canapé vert sur la route de Pétion-ville un quartier à flan de colline est tombé, des centaines de maisons avec des centaines de corps sans doute. Nous ne pouvons pas comprendre, impossible; nous pouvons vous raconter ce que nous voyions, pas ce qu’ils ont vécu; le tremblement de terre ajoute à un peuple traumatisé un traumatisme plus grand encore; on sent qu’ils sont ébranlés, mais pas à terre. C’est un peuple vaillant. En rue, des bâtiments entiers se sont écroulés et rien n’a été entamé pour dégager; il doit encore y avoir des dizaines de personnes sous ces bâtiments…

Nous écoutons le récit de ce qu’ils ont vécu: se tenir aux murs, les bâtiments qui tremblent comme des feuilles, des jeunes salésiens qui ont vu leurs amis écrasés sous l’université, et eux qui s’en sortent indemnes «grâce à Dieu». Et Dieu dans tout cela? Ils ne récriminent pas eux, la vie continue, sans vitamine, sans antidépresseur, sans rouspéter tout le temps; ils ne sont pas résignés, ils sont «vaillants». Il y a aussi le récit des miraculés; cette femme ingénieure civile qui travaille chez les salésiens:

J’étais chez moi, assise au 2ème étage de mon bâtiment; au RDC d’un restaurant ; 1 minute avant le séisme, je suis partie sur mon balcon, sans raison; cela a tremblé 59 secondes, je me suis accrochée à un pilier, la chaise sur laquelle j’étais assise s’est effondrée sous le plafond, le bâtiment a croulé dans son entièreté; je me suis évanouie quelques minutes, je suis sortie avec quelques égratignures; tous les gens dans le restaurants ont été écrasés; c’est Dieu qui m’a poussé sur mon balcon; je devais vivre.

Qui oserait dire le contraire? Pas moi.
Comment vivre quand on a vécu cela ? Je ne sais pas.

A Pétion-ville, les bâtiments des pères sont assez bien préservés; au collège l’escalier qui donne accès aux étages est impraticable et va sans doute tomber, mal ancré au bâtiment principal, il ne pouvait pas tenir. La chapelle réparée à grands frais il y a quelques mois à tenu bon. L’état haïtien déconseille tous travaux avant le 17 février; on craint encore des secousses.

Ici nous sommes 3 a dormir dans les bâtiments: Julien, le père Ducange et moi-même; les autres dorment dehors; Angélika dort avec ses amies sur un matelas dans la cour. Les gens ont peur, très peur; certains, plus âgés, disent ne plus jamais redormir à l’intérieur des maisons. La vie continue, mais la nuit se passe dehors; la saison des pluies va arriver dans 2 mois, il faudra bien rentrer.

Ce matin, distribution dans la cour du collège de colis de nourriture à 180 familles qui logent dans la cour du collège; 1,5 kg de pâtes, 10 paquets de biscuits secs, 2 boites de conserves de poisson, 2 petites bouteilles d’huile, 1 savon… Il y a encore pour 2 distributions, puis ce sera fini; il faut distribuer jusque fin février.

Avec cela les familles doivent se débrouiller pour cuire, puis manger ; on ne distribue qu’aux gens qui sont sur le terrain du collège, les autres n’ont rien, nous n’avons pas assez pour tous. Où vont-ils trouver les moyens ?

Le père Ducange va relancer le patronage la semaine prochaine, nous allons lui permettre d’acheter à nouveau de la nourriture mais pour les enfants cette fois; même principe: nous préparons des sachets avec de la nourriture à préparer à la maison; le père Ducange et ses confrères n’ont pas les moyens de préparer pour eux (au moins 6 à 7000 dollars US).

Thorland. Nous y sommes vraiment accueillis comme chez nous. La maison jaune a tenu; notre maison; elle sert de pharmacie, de dispensaire (investi par une ONG américaine je crois); les jeunes du centre y préparent les colis de nourriture; on les retrouvera en juillet, si bon die vle !!

La salle polyvalente qui servait de salle de sport a tenu malgré les images! la moitie des murs extérieurs ont lâchés, la charpente en bois lamelle collé a tenu, la moitie du toit en tôles a tenu bon aussi (deviendrais-je haïtien, à voir le positif ?); le centre d’accueil à côté, 2 étages, écrasé complètement; c’était le gagne pain de Thorland, un centre d’accueil ou des jeunes et des adultes du pays entier venaient se former: salle de réunion, dortoir, cuisine, salle tv, salle a manger, douches, toilettes, un confort à l’haïtienne; tout est écrasé: nous allons reconstruire avec eux !

Dans la communauté des pères, le bâtiment qui nous accueillait a bougé ; selon des ingénieurs mexicains, il est à détruire, selon des ingénieurs italiens du VIS, il pourrait être réparé; à suivre; le bâtiment avec la cuisine et la salle à manger est intact; on y mange toujours aussi bien. Notre plaine de jeux ou espace rencontre est merveilleux; les enfants jouent, les arbres ont bien poussé; il y a de l’ombre, c est bien.

Thorland gère l’urgence; 3500 à 5000 personnes sont accueillies sur le territoire des salésiens et salésiennes de don bosco; à nourrir, à soigner, à loger, à organiser, donner de l’eau , des douches des latrines; c’est assez bien organisé; le père Morachel est tout sourire; il donne des consignes, fait visiter en notre présence tout le domaine aux ingénieurs du VIS (ils sont mandatés par la protection civile italienne pour repérer ou installer des tentes avec plancher pour chaque tente 10 personnes, il faut prévoir les pluies !!) et aux représentants de la procure salésienne américaine, et d’une organisation spécialisée dans les latrines et l’eau. Thorland est bien organisé. Le danger: que les gens s’installent et ne repartent jamais; il faudra rendre dans les mois (les années ??) la vocation première de Thorland AUX JEUNES; mais aujourd’hui tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut gérer l’urgence.

Nous avons vu Réginaldo, il est merveilleux; il a perdu sa maison; certains enfants que nous aidions sont morts (3?), des familles d’enfants sont décimées, il y a de nouveaux orphelins «je m’en occupe, dit-il». Mais avec quoi et comment ? Je n’en sais rien. On les voit demain; on va voir ce que l’on peut faire pour «nos» jeunes, un peu «vos» jeunes. Bernadette est a St Domingue, chez le cousin de Marie Jo, elle a eu trop peur, elle a fui.

Nous avons vus Marie Jo installée avec sa famille dans une tente devant le collège des salésiennes de Don Bosco; il était 3h00 elle dormait; ils avaient travaillé jusqu’à 2 heure du matin pour organiser avec les soeurs et les pères; les jeunes du centre de Thorland coordonnent avec les pères et les soeurs ; c’est super; quelle confiance ! Notre choix d’aider Thorland est une bonne chose.

A Angélika qui lui demandait ce que nous pourrions faire pour l’aider elle. Elle répond : «priez pour moi».
En nous répondant cela, elle sait bien que nous ne pourrions pas répondre à 1/100 de ce dont elle a besoin: maison, travail, sécurité, nourriture, eau. Prier, elle sait que nous savons faire, elle sait que sa demande sera entendue. Merci Marie Jo. Mais nous essaierons de faire un peu plus que prier. Pour toi, et nos amis de Thorland.

Ils ont peur, très peur; les salésiens dorment dans leur voiture, sous la tente, dans l’herbe, avec les gens; ils sont traumatisés mais souriant; Un peuple «vaillant».

Je vais voir demain Thorland et j’essaierai de parler avec les salésiennes; elles font du bon boulot elles aussi.

Je m’arrête pour aujourd’hui ; je sais que vous êtes à la patinoire et qu’il fait froid ; je suis torse nu dans un bureau avec 30 degrés ; à chacun ses soucis !!

Angélika va bien ; Julien va bien ; Jef va bien ; Ducange va bien ; tous sont bien ; On verra la suite, en bien ; plus jamais comme avant ; plus jamais.
Nous serons encore là dans 10 ans. Merci d’être là avec nous.

Nou la. Kenbe, pa lage !
Les 3 belges, pas si fous que cela.
Je vais rejoindre Angélika à l’infirmerie pour y installer les médicaments, elle va faire des soins.