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Posted by on 12 Juil 2010 in News, Séjour Juillet 2010

Chronique du 10 au 12 juillet

Samedi 10 juillet

Après midi, le père Sonel nous propose, vu la température, d’aller nous baigner dans la rivière avec nos amis, éducateurs haïtiens. Quelle expédition !

Les plus sages d’entre nous embarquent dans un minibus les autres montent dans le pick-up du père Sonel les plus téméraires dans la benne. Nous faisons quelques kms sur la grande route et puis nous nous embarquons dans la campagne Haïtienne sur une piste praticable pour les 4×4. Nous traversons de jolis petits villages typiques et chaque fois entre ces villages nous croisons des personnes qui reviennent avec une machette et quelques légumes, ou des branchages ou bien certaines personnes à dos d’âne ou à cheval.

Dans les villages les enfants et les épouses vont chercher de l’eau ou ramènent les fruits ou légumes. Les hommes palabrent entre eux et nous regardent parfois d’un air étrange. A notre passage, les enfants crient « bianco » et nous essayons de leur lancer des signes d’amitié. La route est assez longue mais passionnante, nous prenons contact avec la vie haïtienne profonde.

Les candidats au Pick-up sont fortement secoués par l’état de la route mais s’amusent follement. Après plus d’une heure de route, nous arrivons à la rivière. Quelques hommes se baignent tout en nettoyant leur camion mais l’endroit est magique. L’eau est très claire et à une t° de plus de 30°, nous plongeons sans hésiter. Après une bonne demi-heure, nous remontons dans les véhicules pour continuer notre piste encore un peu plus difficile. Nous manquons plusieurs fois de rester embourber ou pendu sur le parcours. Au passage, nous visitons une petite école villageoise.

Tout d’un coup la jeep du père s’arrête au passage d’un troupeau de chèvre. Une personne essaye d’attraper un bouc au lasso. Le père Sonel sort du véhicule et attrape le lasso finalement la bête est maitrisée et nous voyons que le père l’achète après en avoir acheté une deuxième. Ce sera la viande de notre souper de dimanche. Les pattes des pauvres bêtes sont attachées et les boucs sont attachés au porte bagage de la camionnette. Après quelques kms, nous entendons des bruits de sabots sur le toit du véhicule. Nous arrêtons et notre bouc saute du toit et prend la fuite. Aussitôt nous sortons du véhicule pour rattraper le fugitif qui sera repris par un éducateur haïtien quelques centaines de mètres plus loin.

Nous rentrons une nouvelle fois à la nuit tombée après une journée bien remplie. Après le souper, nous décidons de faire une première mise en commun. Le point positif qui ressort du groupe, c’est que l’entente est très formidable; chacun se sent accepté et reconnu. Le point plus difficile est notre relation avec le peuple haïtien. Nous avons difficile quand nous traversons les village, nous avons un peu l’impression de violer leur intimité. Parfois, quand nous voulons prendre une photo, certaines personnes sont offusquées et nous le montrent. Nous les respectons mais ils nous regardent avec un air mauvais. Nous les comprenons et nous voudrions leur dire que nous ne sommes pas voyeur mais si nous voulons faire comprendre aux européens leurs conditions, il est important que nous soyons là.

Une deuxième réflexion est les conditions dans lesquelles ils vivent et nos conditions. D’un côté, une vie stressante et dans laquelle nous n’avons pas beaucoup l’occasion de nous rencontrer, absorbé par le gain et le confort et d’un autre côté une vie calme et paisible durant laquelle on travaille juste assez pour vivre mais dans laquelle nous n’avons aucun confort, 2 pièces par famille, pas d’électricité, pas d’eau courante…

A minuit sonnant, Camilla et Elisa se glissent dans notre chambre pour souhaiter un bon anniversaire à Christiane bien que nous soyons tous endormis mais l’attention était délicate…
Dimanche 11 juillet

Levé à 6 hr, car nous devons être à Fort-Liberté dès 7 hr pour la messe. Réveil à la trompette joué par Pierre-Yves pour célébrer l’anniversaire de Christiane. Un premier groupe se rend à la cathédrale, Messe concélébrée par le père Sonel. Messe de plus d’1hr30 avec de très beaux chants très entrainants qui nous donneraient presque l’envie de danser. Durant la célébration, nous sommes accueillis par le célébrant. Malheureusement Christiane était endormie quand on nous demande de nous lever pour nous remercier. Après un réveil brutal, elle se met debout en se demandant ce qui lui arrive. Le réveil brutal de la nuit l’avait sans doute fatigué.

L’autre groupe se rend à la paroisse, Messe des confirmations avec l’Evêque de Fort-Liberté. La messe commence avec une demi-heure de retard (nous sommes en Haïti) et dure plus de 2 hr. Les chants sont magnifiques et les participants tous tirés à 4 épingles sauf les Belges naturellement. Il est plus de 10 hr quand le 2ième groupe peut enfin prendre le petit déjeuner. Après-midi le père Sonel nous propose de nous rendre à Fort-Liberté pour visiter le fort construit lors de la période espagnole et de pouvoir faire un petit plongeon dans la mer. Le fort est encore dans un état acceptable avec même un canon de 1744 mais tout est à l’abandon. Le tourisme n’existe vraiment pas ici. Nous essayons ensuite de nous rendre à la mer mais arrivés sur place une fête villageoise était organisée. Le père Sonel, pour une raison de sécurité, nous a demandé de ne pas aller dans l’eau mais ce ne sera que partie remise.

Le soir un souper était organisé par le centre pour la rencontre des animateurs haïtiens avec les Belges. Après un punch bien corsé, réalisé par le père Sonel pour l’anniversaire de Christiane, nous dégustons les 2 boucs achetés la veille. Après le repas, nous organisons un petit jeu avec Christiane, professeur à l’école d’infirmerie, qui consistait à placer, à l’aveugle, différents organes sur un corps humain dessiné sur un matelas. Nous avons eu bien du plaisir et le résultat était fort acceptable. Nous avons encore fait quelques jeux avec nos amis haïtiens: les échanges étaient amicaux et très chaleureux de part et d’autre.
Lundi 12 juillet

Au lever, nous souhaitons un bon anniversaire à Annie. Pour prendre notre rythme, nous décidons de démarrer notre journée à 6 hr par un nettoyage de l’ensemble des abords du centre. Il faut dire que quand nous sommes arrivés nous avons remarqué des déchets partout, berlingots en plastique de distribution d’eau, bouteilles, déchets de construction, boîtes en polystyrène,… Nous avons ramassé plusieurs mètres cubes de déchets.

Après le déjeuner, nous décidons d’aller Christiane et moi à Fort-Liberté avec le père Cazi, le frère Larisner et trois autres personnes du centre. Nous sommes un peu serrés dans le Pick-up. Heureusement qu’il y a la climatisation. Notre mission était d’acheter des verres, des gobelets et quelques objets variés. Il faut dire que depuis notre arrivée, nous buvons dans des verres jetables et nous trouvons que c’est un énorme gaspillage. Il n’y a pas de ramassage de déchets ceux-ci sont brulés aux abords du centre ou le long des routes. La pollution s’ajoute à la pollution.

Christiane et moi pensions trouver facilement des verres et des gobelets. Après avoir 5 ou 6 magasins, bien encadré par nos amis haïtiens, nous avons dû déchanter. Nous nous rendons alors dans une énorme halle où tous les commerces sont représentés. Après maintes discussions et négociations, car à notre avis les prix sont multipliés par 10 à cause de notre peau. La prochaine fois, nous mettrons du cirage noir. Pour les gobelets plastiques nous démissionnons, impossible d’en trouver. Nous continuons les courses en fruits et légumes avec le frère. C’est très impressionnant une négociation dure parfois une demi-heure. Ces petits commerçants sont des femmes qui viennent vendre leur production, ananas, citrons verts, oranges vertes, pamplemousses, mangues, papaye, pdt, salades, tomates… Après plus de 4 heures, nous quittons enfin ce marché. Et dire qu’ils font cela plusieurs fois par semaine. Il faut dire que nous sommes bien nourris, jus de fruit frais et varié à chaque petit déjeuner, avec parfois des surprises quand nous avons les abats du bouc et des pâtes au pt-déjeuner. Le repas de midi est léger mais très bon. Le soir, le repas est très copieux et varié lui aussi.

Quand nous rentrons, épuisés, de notre périple nous arrivons au centre qui grouille de monde. Il est 16 hr et les jeunes qui vont venir aux animations sont venus s’inscrire et prendre connaissance avec le centre. Ils sont + de 450 et cela fait beaucoup de bruit. Nous essayons, un peu dans le désordre d’avoir un premier contact avec eux. A 6 hr, ils sont tous repartis chez eux.

Le soir après le souper, nous fêtons Annie avec un petit quiz sur son métier de professeur de couture et crochet. Épreuves quelle réussit très bien.