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Posted by on 29 Juil 2010 in News, Séjour Juillet 2010

Chronique du 25 au 29 juillet

Dimanche 25 juillet

Ce jour, le père Sonel nous propose 2 solutions pour la messe, soit à Trou du Nord pour la première messe d’un jeune prêtre où il doit assurer l’homélie, soit la messe à la cathédrale de Fort-Liberté. Hélène, Alberte, Christiane, Pierre-Yves, Sarah, Bernadette et moi nous optons pour Trou du Nord. Lever à 5h car nous devons être à 6h30 sur place. L’église est pleine à craquer, 10 personnes sur un banc de 8. Nous assistons religieusement à la très belle messe qui dure plus de 3 hr, sans pouvoir nous endormir. Il y avait en effet 6 « gardiens » qui ne manquaient pas de nous secouer si nous avions tendance à somnoler. Le curé de la paroisse nous a offert, avant de reprendre la route, un morceau de pâté en croûte avec une bière en guise de petit déjeuner, il est vrai qu’il était 11 hr. Les autres ont assisté à une messe plus courte mais haute en couleurs et en danses.

L’après-midi fut un peu plus calme. Les échanges entre moniteurs des 2 continents s’intensifient et chacun partage ses expériences. Nos jeunes apprennent différents jeux aux haïtiens. Jacqueline, Bernadette et Hélène et quelques jeunes rangent le matériel car mardi il faudra confier la maîtrise de tout cela aux haïtiens. Certains se rendent pour une dernière fois à la plage pour prendre un dernier bain de mer et de foule.
Lundi 26 juillet

Pour cette dernière journée à Fort-liberté, certains (plus de vieux que de jeunes) se sont mis en route pour l’heure de gymnastique à partir de 6hr. Jacqueline et Olivier, les sportifs, ont fait 6 kms en courant. D’autres ont fait un dernier tour de Fort Liberté. Nous avons fait un petit crochet par la clinique qu’Alberte et Christiane avaient visitée. Nous avons pu constater l’extrême sous-équipement de cet hôpital.

Un peu plus loin, nous découvrons une petite crique en bord de mer. Cette crique est occupée en grande majorité par les forces de l’ONU, la Minusta, appelée la Tourista par les haïtiens. Ils se demandent ce qu’ils font dans leur pays !

Après le petit déjeuner, chacun prépare ses valises et remet un peu d’ordre dans ses appartements.

Réginaldo, Jacqueline et Bernadette préparent le matériel qui sera emmené à Thorland.

Une heure de repos ne sera pas superflue avant l’arrivée des enfants pour l’après-midi « culturelle » et pour la fête d’adieu. Dès 15 hr, la plupart des enfants sont là et le bruit s’intensifie dans les bâtiments. Les haïtiens et nous-mêmes essayons d’animer tout ce monde mais il est très difficile de faire régner l’ordre et le silence parmi ces 300 enfants. Un dernier repas est offert à chacun vers 18 hr et les plus jeunes retournent chez eux. Les ainés veulent encore nous remercier dans une organisation un peu scabreuse mais plus calme.

A 20 hr, le père Sonel nous propose de nous reposer un peu avant de faire une petite fête entre animateurs. Vers 22 hr enfin le sifflet retentit pour nous rassembler. Le père Sonel, remercie très chaleureusement notre passage et encourage les haïtiens à suivre l’élan que nous avons insufflé dans la DBTEC. Alberte se fait porte-parole de notre groupe en remerciant l’accueil réservé par chaque haïtiens et particulièrement le père Sonel. Homme audacieux, persévérant, plein d’enthousiasme, de chaleur humaine et d’amour pour son pays. Chaque jeune et moins jeune témoigne ensuite de son vécu pendant le séjour.

Vers minuit, nous partageons un dernier repas ensemble avec 1 ou… verres de Rhum. Aux petites heures, nous allons dormir. La nuit sera très courte pour certains !!!
Mardi 27 juillet

Je continue à rédiger accompagné de Pierre-Yves et Sarah. Départ à 6 hr, après des adieux parfois très difficiles (certains auraient souhaités rester 1 mois de plus) nous embarquons dans le car pour 11 hr de trajet et 258 kms. Dans le car, l’ambiance est à zéro soit par manque de sommeil, soit par tristesse. Nous nous arrêtons juste au passage d’un col pour acheter par les fenêtres du car des fruits et principalement des bananes qui nous serviront de petit-déjeuner, dîner et goûter.

Nous arrivons à Thorland vers 17 hr. Accueil chaleureux par Angélika qui est arrivée à Pétionville depuis le 24. Accueil un peu plus froid de la communauté, mais nous ne sommes pas du tout dans le cadre que les anciens voyageurs avaient connu. Nous sommes à 20 m d’un camp de 12.000 réfugiés dormant dans des abris de fortune, souvent à même le sol. Nous comprenons que le père Morachel a d’autres préoccupations en tête.

Pierre-Yves, Sarah et Réginaldo se rendent dans une famille de Port-au-Prince, amie de Réginaldo et se promènent dans les environs. Ils ont été très touchés par ces premiers contacts avec la réalité de la capitale.

Nous soupons rapidement avant de nous installer. Nous commençons par monter une tente complémentaire pour pouvoir nous loger et nous nous répartissons dans 4 tentes.
Mercredi 28 juillet

Réveil dès 4h30, par le chant d’une centaine de coqs, 2 paons, 4 dindons, 5 chiens. Nous nous croyons au milieu d’un poulailler. Une partie du groupe anime avec les haïtiens +/- 180 enfants de 3 à 12 ans. Ici tout semble mieux organisé et rodé. Les animateurs sont mieux formés et les jeunes plus habitués à être animés. Olivier et Jenny font du travail administratif de recensement des réfugiés.

Jacqueline, Bernadette, Angélika, Père Ducange, Père Montrachel, Père Léonardo et moi-même nous nous mettons en route pour visiter l’endroit où devrait se construire la maison d’accueil d’Angélika. L’endroit est à 30 kms de la capitale, un peu en altitude, pas loin d’un lac à proximité du village de Fonds-Parisien. Il est prévu de construire, à proximité d’une école primaire déjà existante, un bâtiment d’accueil pour 50 enfants. L’environnement est très agréable et bien aéré. Après un repas rapide dans un restaurant de Port-au-Prince, nous nous rendons à Drouillard à la maison Provinciale.

Nous avons une réunion de 2 hr avec la fondation Rinaldi, Père Jacques, Père Orlando. Nous discutons des projets sur les sites de Fort-Liberté et Port-au-Prince. La fondation Rinaldi est l’organisme qui s’occupe des projets de reconstruction de l’ensemble des bâtiments salésiens en Haïti. Réunion fructueuse en échanges et en renseignements pour les projets dans lesquels nous pourrions intervenir avec notre ASBL.

Au retour, nous visitons encore l’école technique de l’ENAM dans laquelle les bâtiments détruits ont été remplacés par des préfabriqués.

Quand nous rentrons vers 18 hr, le reste de notre groupe est au cours de danse animé par les haïtiens, dans ce qui reste de la grande salle.

Après le repas du soir, nous faisons un petit debriefing en groupe. Certains sont très heureux d’être à Thorland, d’autres trouvent qu’ils ne se sentent pas utiles ici et qu’il restait encore tant de choses à faire à Fort-Liberté. Nous expliquons que nous ne pouvions pas ne pas passer quelques jours sur le site des anciens séjours, surtout après ce qu’ils ont vécu.
Jeudi 29 juillet

Ce matin, nous allons visiter un orphelinat à Kemscof. Nous nous trouvons dans un endroit paradisiaque à 1500 m d’altitude, il y fait très frais ! Ce centre, qui occupe 400 enfants de 2 à 18 ans. a été créé par un père salésien mexicain en 1986. Les enfants sont scolarisés sur place jusqu’à la fin des humanités. Au cours des dernières années scolaires, les jeunes reprennent si possible contact avec la réalité extérieure en essayant de retourner chez un membre de leur famille même éloignée si possible. Le centre les accompagne également pour le démarrage des études supérieures ou éventuellement, si il le faut, dans leur vie professionnelle. Les jeunes, à la fin de leur formation, doivent donner 1 an de leur vie au centre en guise de remerciement. Les aides pour ce centre proviennent de 9 pays, principalement d’Amérique Latine, mais rien ne vient de l’état haïtien. Tous, nous sommes émerveillés par l’organisation de cet orphelinat et par le travail accompli.

Après cette visite, nous nous rendons chez Gisèle pour acheter de l’artisanat haïtien. Ce magasin est une coopérative rassemblant plusieurs artisans de la région. On dévalise !!!

Nous rentrons vers 16 hr où notre déjeuner nous attend. Après le repas, des cris fusent de toute part car le père Sonel vient d’arriver à Thorland et nous lui réservons un accueil enthousiaste et chantant. Nous sommes vraiment contant de le revoir avec quelques animateurs de Fort-Liberté.

Après le souper certains jouent aux cartes et les autres vont se mettre au lit car il vaut mieux aller dormir avec les poules afin d’être en forme au réveil du coq.