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Posted by on 25 Avr 2011 in News, Séjour Don Bosco Verviers

Premiers écrits d’un parcours Haï-ty-pique

Et puis il y eut la dernière nuit sur Fort-Liberté ! Le soleil brûlant a enlevé son manteau de feu et cédé la place à dame-lune bienveillante, au fond brillait timidement notre petite cabane en bois !

Notre aventure fût si extraordinaire et tellement forte ! Notre regard a changé profondément, nous avons « grandi »et volontairement franchi la barrière de notre humanité étriquée. Fruit de l’accueil, des enfants, du partage, du labeur, d’un objectif commun,…l’amour ?

Nous avons partagé l’expérience de la construction avec des haïtiens, qui devront construire à l’identique l’autre aile du bâtiment. La volonté et la ténacité de tous ont permis de finir la construction des 3 classes en 11 jours de travail. Il restait encore plus d’une semaine sur place, nous avons alors participé activement à la vie haïtienne et découvert de nombreuses choses : les villages isolés, la Pâques, les animations d’enfants, les chants, la bénédiction du bâtiment, la plage, la Citadelle, les séquelles du séisme, la pauvreté dans les ruelles, la vision salésienne, … Mais comment mettre des mots là-dessus et exprimer la puissance des sentiments ressentis ? Nous savons uniquement ceci : à l’ombre d’une situation de vie qui nous rapprochera d’Haïti, nous nous contenterons de sourire et de partager à nouveau avec tous le plaisir de cette superbe expérience.

Comment peut-on rendre le regard d’une maman qui vous tend son enfant en criant :
«Prendre ti moun, prendre ti moun»?
Qui peut retrouver la position qu’il avait dans les grands bras du Père Sonel quand il lui a souhaité :
«Bonne fête de Pâques»?
Qui saurait dessiner la pénombre du notre dernier repas-fête le lundi à Fort-Liberté, celle qui arrangeait bien nos yeux un peu humidifiés?
Qui remplira encore la chasse du WC et sa douche avec une pompe à main?
Qui courra derrière un chariot à bagages, sans pouvoir remettre la main dessus?
Qui retournera seul chez des inconnus souhaiter la Pâques et prier?
Qui sera encore noyé, seul blanc, dans une foule de petits enfants curieux et amusés?
Tant de questions qui vous montrent la variété des sensations vécues et leur unicité.

De nombreuses barrières sont tombées entre nous et notre groupe a montré respect, fraternité, organisation, entraide et plaisirs. Nous avons ressenti, amplifié par la concrétisation du projet, l’énergie qui nous a animé pendant 1 an et demi. Tous ces sentiments positifs ont amené cette aventure loin dans nos coeurs, et audelà même, jusqu’à notre âme profonde.

« Ann mete men pou Ayiti kanpe » : nous l’avons fait !

En route pour d’autres aventures, vers l’infini et au-delà.