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Posted by on 10 Mar 2011 in News, Séjour Alberte Cabay

Une autre façon de voir Haïti

Une autre façon de voir Haïti

« Haïti, ce n’est pas que Port Au Prince » !
Cette phrase que j’ai entendue à 2 reprises lors de mon voyage en janvier 2011 a retenu mon attention.

Quelle signification faut-il donner à cette expression ?

Depuis janvier 2010, il est évident que c’est surtout de Port Au Prince dont il a été question dans les médias, et un an plus tard, c’est surtout de Port Au Prince qu’il s’agit, notamment quand on parle de reconstruction, mais dans le reste de l’île, les besoins sont aussi bien réels.

En juillet 2010, c’est parce que les structures d’hébergement n’étaient pas suffisamment sécurisées que l’ASBL « Farnières-Haiti » a accepté de modifier des habitudes vieilles de 10 ans : cette fois, c’est à Fort Liberté que notre groupe développerait ses activités de solidarité.

Fort Liberté est une petite ville du nord de l’île, chef lieu du département nord-est.

Le centre scolaire des pères salésiens y accueille des enfants depuis l’école primaire jusqu’à la formation professionnelle en diverses matières.

Alors que nous nous rendions là bas pour animer des groupes d’enfants en collaboration avec de jeunes animateurs haïtiens, nous avons, ma collègue Christiane et moi-même, été très vite détournées vers un autre chemin.

Dès que le Père Sonel , responsable du centre, a su que nous étions infirmières enseignantes, il a demandé que nous allions donner quelques cours dans la section « soins infirmiers ».

Cette section compte plus ou moins 150 étudiants répartis en 4 années et souffre d’un manque cruel de professeurs. Cette pénurie s’explique en partie parce que quelques professeurs ont disparu dans la catastrophe de Port Au Prince, mais aussi parce que certains étudiants ont migré du sud vers le nord après le séisme.

Donner cours à de futures infirmières Haïtiennes m’enchantait, mais très rapidement, nous avons fait un constat amer : pas de matériel didactique approprié pour apprendre l’anatomie, la physiologie et les soins infirmiers.

Le premier projet de Fort Liberté apparaît très vite : équiper la section « soins infirmiers »

Au cours de notre séjour, nous constatons et nos amis Haïtiens le confirment, que des jeunes viennent en classe sans avoir manger et que dans cette petite ville du nord où la terre paraît prospère, des personnes ont faim !

Parlant de ce problème avec le Père Sonel, il nous dit en effet que cette situation n’est pas normale : la terre est fertile et à l’instar des voisins de la république dominicaine, il doit être possible de développer, dans le nord d’Haïti, potager et autres cultures : ouvrir une section

« agronomie » fait partie de ses projets immédiats.

Non seulement, cette formation montrera aux jeunes les techniques de cultures qu’ils pourront utiliser à leur profit : consommer ce qu’ils produisent dans le potager et vendre le surplus ce qui représentera pour eux une source de revenus.

L’arboriculture peut, elle aussi s’avérer très rentable dans un pays au climat si clément pour les arbres, les plantes et les fleurs. 2 récoltes peuvent être envisagées par année pour certains produits.

Aider à la mise en place de cette section est le deuxième projet qui retient notre attention en juillet 2010.

Pour accueillir de plus en plus d’étudiants, il faut des locaux et très vite, va naître le projet suivant à savoir : le rehaussement d’un bâtiment existant.

L’école de Don Bosco de Verviers cherche pour la dernière année de la section menuiserie un projet type « collaboration Nord-sud ». C’est Fort Liberté qui fut retenu car l’offre correspondait exactement à la demande : le troisième projet était né.

3 projets à Fort Liberté : de juillet 2010 à avril 2011.

Equiper l’école d’infirmier(e)s

projet en partie réalisé puisqu’à peine rentrées de là bas et avec l’aide de l’ASBL, nous avons Christiane et moi fait le nécessaire pour envoyer du matériel didactique à savoir : un squelette pour l’apprentissage de l’ostéologie , la reproduction de divers organes pour l’apprentissage de l’anatomie , des « cahiers de l’infirmières » (livres de référence) et autres matériels de soins.

En janvier 2011, c’est un mannequin didactique et un bras d’apprentissage des ponctions veineuses qui est mis dans le container.

En avril, j’emporterai encore dans ma valise du petit matériel pour équiper la salle de démonstration : j’y donnerai cours pendant 6 semaines.

La section d’agronomie

A ma grande surprise, lors de mon séjour de janvier, j’ai vu derrière le centre scolaire un immense potager où de magnifiques légumes se tournaient vers le soleil ! Choux, tomates, poireaux, oignons, aubergines, etc : tout pousse merveilleusement bien sous la houlette des étudiants de la section agronomie ouverte dès le mois de septembre 2010.

Il reste à résoudre un petit problème d’irrigation, sinon cette nouvelle section est très prometteuse et porteuse d’espoir. Un projet de désalinisation d’eau ou le creusement d’un deuxième puits devrait être à l’étude (encore une projet !)

Le Père Sonel a déjà organisé pour les gens de la ville une journée « portes ouvertes » afin de sensibiliser les citoyens.

Une distribution de légumes à tous les enfants de l’école a eu lieu afin d’associer une fois de plus la population.

Les légumes sont bien sûr utilisés par les cuisinières du centre pour la préparation des repas mais la récolte est tellement bonne, qu’il est question que les étudiants aillent vendre une partie de leur production sur le marché local…ou comment développer l’esprit d’entreprise ! Une camionnette va sans doute être nécessaire pour transporter les légumes à la ville ou plus loin encore … les élèves allant vendre le surplus avec la brouette !

Le rehaussement d’un bâtiment scolaire

Du 6 au 24 avril 2011 un groupe de 15 étudiants en menuiserie et 4 professeurs partiront de Verviers pour réaliser à Fort Liberté l’agrandissement des locaux qui pourront accueillir dans de meilleures conditions les élèves de la DBTEC. J’aurai le bonheur de les accompagner pour leur servir de guide et d’infirmière, mais aussi pour donner cours (cfr plus haut)…

A juste titre, le Père Sonel peut être fier des résultats obtenus grâce à ses initiatives et sa ténacité.

En collaborant à ses projets, notre ASBL y perçoit une garantie de réussite.

Alberte Cabay