Pages Menu
TwitterFacebook
Categories Menu

Posted by on 26 Oct 2012 in News, Séjour Juillet 2012

Séjour juillet 2012 : échos de notre voyage (suite)

Séjour juillet 2012 : échos de notre voyage (suite)

Dans le numéro précédent des « amis de Farnières », je vous le promettais: aujourd’hui je vous offre la possibilité de faire plus ample connaissance avec quelques uns des jeunes rencontrés à Fort Liberté cet été.

Jean-Paul , Luc-Sam, Gionoco, Maya, Hosting, Diomaid, Anne-Julie, Maggy… et bien d’autres : qui sont-ils ? La plupart de ces jeunes sont orphelins soit de père ou de mère ou des deux parents.

Les familles mono-parentales sont fréquentes en Haïti et le parent restant est souvent confronté à de grandes difficultés financières : pas de travail et les revenus sont ceux de petits boulots, très aléatoires. La vie est chère en Haïti : que ce soit pour se loger, pour manger ou pour se déplacer. Les jeunes doivent trouver dans la zone de quoi survivre, de quoi gagner un peu d’argent pour payer leurs études : dans le supérieur, plusieurs milliers de gourdes ( = ancien franc belge) pour suivre une année scolaire!

Si la première caractéristique est la survie, une deuxième est la «débrouille » : Gionocco accepte de faire du terrassement, Jean-Paul travaille dans un petit commerce, Luc-Sam envisage de « monter » un petit studio photos ( en Haïti, pour le moindre document administratif, il faut une photo !), d’autres cousent des uniformes pour des enfants de primaire ou encore aident tel ou tel paysan à la récolte de fruits, de légumes ou encore à la coupe de bois pour la fabrication du charbon de bois.

Le diplôme, c’est l’espoir de pouvoir trouver un emploi rémunéré, mais ceux ci sont si rares que la majorité des jeunes Haïtiens n’ont qu’une idée en tête accumuler les diplômes pour multiplier les compétences et espérer être enfin engagés. Espérance fondée , rêve ou illusion ? Nous ne pouvons répondre , mais nous constatons que la majorité des jeunes diplômés ne savent pas entrer dans la vie active par manque d’offre d’emplois, mais aussi par manque d’aide personnelle qui viendrait par exemple de l’état . Là bas, pas question de prêt pour démarrer une entreprise, si modeste soit-elle.

Alors, Hosting et Diomaide qui viennent d’obtenir un diplôme d’agriculteur, sans terre comment pourraient-ils travailler ? Maya, vient de décrocher son diplôme de secrétaire : qui va lui proposer de l’emploi? Luc-Sam, vient de terminer l’école normale . En Haïti, des petits enfants par milliers, mais un système scolaire très mal organisé et surtout des instituteurs pas toujours rémunérés… ou Luc-Sam pourra-t-il exercer?

Une grande force cependant les anime: c’est la force d’y croire. Ces jeunes si démunis se confient mais sans se plaindre: ils constatent et bien sûr acceptent l’aide qu’on leur propose mais restent très dignes. Leur premier grand savoir est le savoir- être: souriants, confiants et accueillants.

Merci Jean-Paul, Diomaide, Hosting, Anne-Julie… et tous les autres.

Alberte Cabay