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Haïti

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Ecrit par Véronique Lambert

Des origines à l’indépendance (1804)

Née d’une éruption volcanique, l’île était à l’origine appelée « Ayiti » (« terre montagneuse») habitée par les indiens « Arawaks » ou « Taïnos », peuple semi-sédentaire pacifique, originaire d’Amazonie. Ceux-ci vivaient d’agriculture, de chasse et de cueillette.

En 1492, Christophe Colomb débarqua au nord de l’île et la baptisa « Hispaniola ». Les Espagnols y introduisirent les animaux domestiques (porcs, bœufs, chevaux, chèvres, etc.) et pratiquèrent l’élevage intensif. Ces nouveaux herbivores, introduits en grand nombre, ravagèrent la flore locale et eurent un effet dévastateur sur le système agricole des Arawaks.

Les Espagnols réquisitionnèrent également ces derniers pour travailler dans les mines d’or et les plantations. Affaiblis, épuisés par le travail intensif, sous-alimentés, les indiens contractèrent des maladies (rougeole, variole, etc.) importées par les conquérants, conduisant à la disparition progressive de ce peuple. Afin de pallier au manque de main-d’œuvre nécessaire pour l’élevage et la culture intensive dans les plantations de café et de cannes à sucre, les Espagnols et ensuite les Français firent venir massivement des esclaves d’Afrique (essentiellement du Dahomey – actuel Bénin, du Nigéria et de Guinée).

A partir de 1580, les Espagnols subirent la concurrence sur le marché de la canne à sucre et finirent par abandonner leurs exploitations sur la partie occidentale de l’île (actuelle République d’Haïti). Ces terres furent laissées en friche et ont été progressivement envahies par le bétail laissé à l’état sauvage. La population se concentra alors dans la partie Est de l’île (l’actuelle République Dominicaine).

Les Français (les flibustiers et boucaniers) débarquèrent ensuite sur la partie ouest de l’île Hispaniola et la renommèrent Saint-Domingue (Haïti actuel). En 1697, lors du traité de Ryswick, la France obtint de l’Espagne la possession officielle de la partie ouest de l’île, occupée par les boucaniers. La France développa alors massivement l’agriculture (tabac, coton, café, indigo, canne à sucre) et le commerce. Elle fit débarquer sur l’île des milliers de colons français et des centaines de milliers d’esclaves. Suite à cette exploitation abusive, tant au niveau du sol qu’au niveau humain, Saint-Domingue renforça l’économie et la richesse de la France et fut dénommée « la perle des Antilles ».

Le nombre d’esclaves fut en augmentation constante sur le territoire. Soumis à un traitement impitoyable de la part des colons français, les esclaves, issus d’Afrique, conservèrent et pratiquèrent les rites de leur religion d’origine, le vodou. Progressivement, ils revendiquèrent quelques droits, notamment celui de cultiver un lopin de terre à titre personnel, et les premiers soulèvements apparurent dès 1522. Certains esclaves désertèrent les plantations et furent appelés « nègres marrons ». En 1685 fut édicté le « code noir », réglant la vie et le statut des esclaves noirs. Les châtiments corporels pouvant être infligés par les propriétaires sur les esclaves désobéissants y étaient même mentionnés.

Dès l’arrivée des premiers esclaves sur l’île d’Hispaniola, différent(e)s statuts/classes apparurent au sein de la population, lié(e)s notamment à la couleur de peau. Noirs, affranchis, métis, mulâtres… ne cessèrent depuis d’être en conflit, leurs droits étant différents. Tout au long de l’histoire, les dirigeants, suivant leurs origines, favorisèrent souvent une couleur plutôt qu’une autre, engendrant ainsi des rivalités au sein même du peuple.

La révolution française sur le continent déclencha des violences en cascade dans les colonies. En 1791, le nègre marron Boukman organisa une cérémonie vodou pour les esclaves et y sacrifia un cochon noir. Cette cérémonie, dénommée « cérémonie du Bois-Caïman », servi de catalyseur au mouvement de révolte chez les esclaves et constitua le premier pas vers l’indépendance de ceux-ci.4

Pendant une dizaine d’année, les esclaves, menés par Toussaint-Louverture et puis par Dessalines (eux-mêmes anciens esclaves), luttèrent pour leur liberté et en payèrent un lourd tribut. L’année 1794 fut marquée par la convention et l’abolition de l’esclavage. Toussaint-Louverture devint général en chef en 1797. En 1801, il promulgua une constitution propre à Saint-Domingue. En 1802, Napoléon Bonaparte envoya un contingent à Saint-Domingue afin de rétablir le système esclavagiste. Le 7 juin 1802, Toussaint-Louverture fut arrêté suite à une traîtrise et déporté dans le fort de Joux (dans le Jura), où il mourut en avril 1803 après avoir prononcé les paroles suivantes : « En me renversant, on n’a abattu à Saint Domingue que le tronc de l’arbre de la liberté des Noirs ; il poussera par les racines qui sont puissantes et nombreuses » 3.

Le 1er janvier 1804 aux Gonaïves, Jean-Jacques Dessalines nomma Ayiti (Haïti) la « première république noire libre du monde » après une longue et meurtrière guerre pour la liberté.

Mais à peine créée, la république d’Haïti était déjà endettée. En 1826, la France « octroya » l’indépendance d’Haïti sous le règne de Charles X contre une indemnité de 150 millions de francs or (environs 800 millions d’euros), ramenée à 90 millions de francs or et entièrement payée par Haïti entre 1826 et 1885. Cette dette accula la nouvelle république de sa naissance jusqu’à nos jours, empêchant son développement. Il est important de noter que le président Aristide réclama, sans succès, à la France en 2003 un montant de 21 685 135 571 dollars US et 48 cents (valeur, selon lui, capitalisée des 90 millions de francs or) en guise de restitution de la dette de l’indépendance et de réparation, c’est-à-dire de dédommagements, pour les deux siècles d’esclavage considéré comme crime contre l’humanité.


  1. Barthélémy Gérard, Mimi Barthélémy, Haïti, la perle nue, Vents d’ailleurs, 2010
  2. Beniamino Michel, Thauvin-Chapot Arielle (dir.), Mémoires et cultures : Haïti, 1804-2004, Editions Pulim, 2004
  3. Wargny Christophe, Haïti n’existe pas – 1804-2004 : deux cents ans de solitude, Editions Autrement, Paris 2008
  4. Leconte Frantz-Antoine (dir.), Le vodou en Haïti, Les mythes revisités, Editions du Cygne, Paris, 2009

De 1804 à nos jours…

Dessalines prit ensuite le titre d’empereur et officialisa le français comme langue nationale, même si le créole était la langue de la grande majorité de la population. Il mit en place un régime dur, qui eut pour conséquence un soulèvement du peuple contre cette dictature. Il fut assassiné en 1806 suite à l’insurrection menée par Henri Christophe et Alexandre Pétion.

Après l’assassinat de Dessalines, le pays se scinda en deux, sous l’autorité de ses anciens généraux. Au nord, Henri Christophe, qui s’instaura président à vie. Il imposa son autorité par les armes et reprit en mains le système de plantation en distribuant les terres à ses proches, contraignant les paysans au travail, ce qui entrainera mutineries et rebellions. Dans la capitale Port-au-Prince, Alexandre Pétion distribua des lopins de terre au plus grand nombre, entrainant ainsi une économie de subsistance.

En 1847, Faustin Soulouque fut élu président par le Sénat. Il régna en despote sur le pays et tenta deux fois, en vain, de récupérer militairement la République Dominicaine (indépendante depuis 1821). Soulouque était très enthousiaste pour le vodou et faillit faire de cette religion semi-officielle la religion d’Etat.  Il fut renversé en 1859 lors d’un coup d’Etat par Nicolas Geffrard, qui restaura la République et fit cesser, pour quelques temps, cette période de troubles. Il négocia un concordat avec le Vatican (1860). En 1862, les Etats-Unis, sous Abraham Lincoln, reconnurent l’indépendance d’Haïti. En 1863, un crime en sorcellerie sur une petite fille fut publié dans la presse internationale, qui assimila vodou et sorcellerie. Suite à cet évènement, la population de l’Artibonite se souleva et Geffrad démissionna en 1867.

De 1868 à 1908 se succèderont insurrections et coups d’états, souvent menés par des paysans du nord, appelés « cacos ».

Dès 1908, les Etats-Unis négocièrent des concessions en expropriant les paysans et achetèrent en 1910 une part importante de la banque nationale d’Haïti.

Suite à la guerre en Europe, les Etats-Unis décidèrent d’occuper militairement le pays car les allemands détenaient un pouvoir économique important en Haïti (le commerce maritime notamment).L’occupation américaine dura de 1915 à 1934.

En 1957, l’armée organisa des élections et le médecin François Duvalier, dit « papa doc » fut élu président de la République. Duvalier a manifesté son adhésion au vodou, s’assurant ainsi le soutien électoral des paysans Noirs, en majorité vodouisants. Celui-ci instaura une dictature. Il engagea la dissolution du parlement, neutralisa l’armée,  imposa une politique répressive et créa, suite à un attentat contre sa personne, une milice paramilitaire des « Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN) », dont les membres furent communément appelés « tontons macoutes », suite à leur apparence vêtus de leurs uniformes. Ceux-ci firent régner un climat de terreur dans tout le pays, par le biais d’exécutions de civils. En 1964, le dictateur se proclama « président à vie » et commandita la même année de nombreux massacres de civils dans les campagnes.

En 1971, François Duvalier organisa un plébiscite pour désigner son fils Jean-Claude Duvalier comme successeur à son poste. La même année, Jean-Claude Duvalier, âgé de 19 ans (d’où le surnom de « Baby Doc »), succéda à son défunt père. En épousant une mulâtre, il perdit le soutien des Noirs qui avait soutenu son père. Son régime, également soutenu par les « tontons macoutes » fut marqué par la corruption. En 1986, un soulèvement populaire a contraint J-C Duvalier à l’exil en France.

La fin du régime des Duvalier ne marqua cependant pas la fin de la dictature en Haïti. En 1988, Leslie Manigat fut porté au pouvoir suite aux élections organisées par l’armée. La même année, Henri Namphy prit le pouvoir suite à un coup d’Etat. Ensuite, un nouveau coup d’Etat instaura Prosper Avril au pouvoir. Suite à la pression américaine, celui-ci s’exila et permit ainsi l’organisation d’élections sous contrôle international.

En 1990, Jean-Bertrand Aristide (parti « fanmi lavalas ») fut élu président. Il démontra un intérêt pour le soutien des pauvres et insuffla un peu d’espoir au peuple Haïtien, qui crut de nouveau en la démocratie. Il fut victime d’un coup d’Etat en 1991 et se réfugia aux Etats-Unis. La junte militaire au pouvoir de 1991 à 1994 fit du trafic de drogue son principal moyen de subsistance. En effet, Haïti servit de plaque tournante pour le transit de la cocaïne en provenance notamment de Colombie vers les Etats-Unis (Floride). Les Nations Unies décrétèrent un embargo sur Haïti. En 1994, les Etats-Unis, sous la présidence de Bill Clinton intervinrent en Haïti et rétablirent après trois ans d’exil le président Jean-Bertrand Aristide. Le contexte de cette intervention américaine, au-delà du rétablissement de l’ordre dans un pays voisin, fut marqué par une intention des Etats-Unis d’agir au niveau du narco-trafic, de l’immigration massive d’haïtiens vers les USA notamment via les « boats people », et de s’assurer une position stratégique par rapport à Cuba et son régime communiste.3

En 1996, René Préval fut élu président. Il s’agissait d’un proche d’Aristide, la Constitution n’autorisant pas celui-ci à prétendre à un nouveau mandat. En 2000, des élections législatives furent organisées et remportées avec une majorité écrasante par Aristide. Mais ces élections furent marquées par des irrégularités, fraudes et boycott. Aristide usa dès lors de son pouvoir de manière arbitraire et autoritaire, supprima l’armée haïtienne et abandonna son programme de lutte contre les inégalités, se mettant ainsi à dos son peuple tout autant que les Etats-Unis et la France qui le soutenaient. Dès 2001, des groupements s’attaquèrent aux partisans du gouvernement et le climat politique devint instable. En 2003, l’opposition s’organisa avec l’appui des étudiants. Aristide finit par démissionner en février 2004 sous la pression des militaires français et américains. Une force internationale, la MINUSTAH (MIssion des Nations Unies pour la STAbilité en Haïti), fut envoyée par l’ONU pour ramener l’ordre dans la capitale.

Suite au départ d’Aristide, un gouvernement intérimaire fut mis en place et Boniface Alexandre devint le président par intérim d’Haïti. En 2006, des élections furent organisées sous supervision internationale et René Préval fut de nouveau nommé président. Malgré les promesses de développement économique, de création d’emplois, de lutte contre l’analphabétisme et la faim, le pays demeura sous Préval dans un état de « statu quo ».

En 2008, quatre cyclones ravagèrent le pays, engendrant de nombreuses pertes humaines et des dégâts matériels considérables. La faim, l’insécurité figurent parmi les fléaux quotidiens qui touchent une majorité d’haïtiens.

Le 12 janvier 2010, un séisme majeur de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter ainsi que de nombreuses répliques ravagèrent la capitale Port-au-Prince et les villes environnantes. Les principales institutions politiques, religieuses, économiques et internationales (ONU) furent anéanties. Le bilan fit état de plus de 300 000 morts, et plus d’ 1,5 millions de réfugiés se retrouvèrent dans les rues. Début novembre 2010, l’ouragan Thomas atteignit Haïti avec des vents violents et des pluies torrentielles touchant de plein fouet les réfugiés du séisme toujours à la rue, logés dans de simples tentes, au mieux.

S’ensuivit une épidémie de choléra qui fit déjà, fin 2010, 2500 morts et entraina 120 000 hospitalisations. Suite au séisme, les infrastructures médicales manquent toujours dans le pays, entrainant des difficultés majeures de prise en charge rapide des malades.

Dans ce contexte humain, social et politique très difficile, le premier tour des élections législatives fut organisé le 28 novembre 2010.


  1. Barthélémy Gérard, Mimi Barthélémy, Haïti, la perle nue, Vents d’ailleurs, 2010
  2. Beniamino Michel, Thauvin-Chapot Arielle (dir.), Mémoires et cultures : Haïti, 1804-2004, Editions Pulim, 2004
  3. Wargny Christophe, Haïti n’existe pas – 1804-2004 : deux cents ans de solitude, Editions Autrement, Paris 2008
  4. Leconte Frantz-Antoine (dir.), Le vodou en Haïti, Les mythes revisités, Editions du Cygne, Paris, 2009

Le vodou en Haïti.

Le tabou qui plane autour du vodou en Haïti mérite que l’on s’y intéresse de plus près…

La présence marquée de la religion vodou en Haïti s’explique par l’origine même du peuple haïtien.

Au XV, XVI et XVIIème siècle, les espagnols ainsi que les colons français firent venir sur l’île d’Hispaniola, des centaines de milliers d’esclaves pour travailler dans les exploitations agricoles de canne à sucre, de café etc. Ceux-ci étaient essentiellement originaires du Dahomey (actuel Bénin), du Nigéria et de la Guinée, berceaux de la religion vodou en Afrique. Malgré les efforts de christianisation réalisés auprès des esclaves dans les plantations, les croyances et pratiques du vodou africain demeurèrent fort présentes. Celles-ci furent accentuées par la traite impitoyable des esclaves qui, isolés de leur pays d’origine par la force, trouvaient refuge dans les racines de leur culture.

Depuis les origines d’Haïti jusqu’à nos jours, le vodou exerça une influence considérable sur les aspects sociaux, culturels, économiques et politiques du pays. La célèbre cérémonie vodou du « Bois-Caïman » n’est-elle pas à l’origine de la première révolte des esclaves en 1791, ouvrant ainsi la voie vers l’indépendance tout en marquant profondément la mémoire collective haïtienne? L’histoire d’Haïti est déterminée par une implication directe ou indirecte de la religion vodou qui fut, tantôt combattue avec ferveur, tantôt mise en exergue par certains dirigeants, ayant même le souhait d’en faire une religion officielle du pays.

Lorsque l’on parle de religion en Haïti, il est souvent annoncé (même s’il n’existe pas de données fiables et d’enquêtes crédibles à ce sujet) que les haïtiens sont à 80% catholiques et…à 90% vodouisants, ce qui en dit long sur la cohabitation, chez le même individu, de la religion institutionnelle (essentiellement catholique) et de la religion du peuple (le vodou).

Les pratiques vodou s’affirment plus fortement dans les campagnes que dans les villes. Un recensement du nombre d’adeptes de cette religion est impossible à réaliser en Haïti car il existe un réel tabou sur le rattachement à cette religion. L’histoire a contribué à cette situation, assimilant souvent crimes de sorcellerie aux pratiques vodou, tout en renvoyant cette image au niveau international. Le peuple haïtien se caractérise donc par un non-dit sur sa double appartenance à la religion catholique (ou autre : protestantisme, etc.) et au vodou. Il existe donc en Haïti un véritable pluralisme religieux. Le vodou offre un modèle d’organisation relativement souple qui correspond notamment bien à la réalité des populations rurales, tandis que le catholicisme leur offre plutôt une religion bien structurée, organisée et hiérarchisée.

Dans une mesure plus ou moins importante, le vodou influence l’organisation sociétale, les choix, les comportements, les actions quotidiennes ainsi que la gestion de la maladie et des conflits en Haïti. En prenant l’exemple de la maladie, il existe en Haïti plusieurs représentations de celle-ci, renvoyant à la conception naturelle/surnaturelle qui lui est attribuée. Une maladie dont l’origine est considérée comme surnaturelle (ex : « kout poud ») et envoyée par une personne malfaisante ne pourra être traitée que par un « oungan » ou « hougan » (prêtre vodou) ou une « mambo » (prêtresse vodou), qui invoquera les « lwa » ou « loas » afin d’identifier l’origine de la maladie et en déterminer le traitement. 7

Dans la religion vodou, les « lwa » sont des esprits intermédiaires auxquels Dieu laisse le soin d’entrer en contact avec les hommes. Les « lwa » font l’objet de cultes, de dons, de sacrifices, notamment au cours de cérémonies, accompagnées par le rythme des tambours. Il existe deux grandes catégories de « lwa », les rada et les pétro, ainsi que de nombreuses sous-catégories. Parmi les « lwa rada » qui sont des esprits plutôt bienveillants, les plus connus sont: « legba », « Dambala », « Ezili », « Ogou Feray », etc. Contrairement aux « lwa rada » d’origine africaine, les « lwa petro » sont nés en Haïti dans le contexte de l’esclavage et de résistance à l’oppression. Ces « lwa » peuvent présenter un caractère plus violent, féroce et dur qui éveille la crainte. Parmi les « lwa petro » peut être cité « baron samedi » esprit de la mort et maître des cimetières. Certains « lwa » peuvent également être représentés dans la catégorie rada et petro. Dans ce cas, ces esprits « similaires » se distingueront par leur origine, leur représentation et leur tempérament. Un culte différent leur sera voué.

De nombreux esprits vodou peuvent être assimilés aux saints de la religion catholique de par leurs caractéristiques, leurs représentations. Pour l’haïtien vodouisant, peu importe l’intermédiaire à qui il rend un culte, qu’il soit de la religion catholique ou du vodou, car tout renvoie à Dieu qui est tout puissant. Le vodouisant ne voit aucune contradiction à être simultanément catholique et vodouisant, puisqu’il considère que ces deux cultes s’imbriquent et sont complémentaires.

Magie, mysticisme, superstitions, esprits,… caractérisent le vodou haïtien, constituant une partie non négligeable de l’immense richesse culturelle de ce peuple. Ce système de croyances, dont la complexité n’est pas toujours aisée à cerner au vu des non-dits qui l’entoure, doit être abordé avec finesse par le néophyte, tant les nuances sont nombreuses.


  1. Leconte Frantz-Antoine (dir.), Le vodou en Haïti, Les mythes revisités, Editions du Cygne, Paris, 2009
  2. Métraux Alfred, Le vaudou haïtien, Editions Gallimard, 1958
  3. Meudec Marie, Maladie, Vodou et gestion des conflits en Haïti, Le cas du Kout Poud, L’Harmattan, Paris, 2007
  4. Beniamino Michel, Thauvin-Chapot Arielle (dir.), Mémoires et cultures : Haïti, 1804-2004, Editions Pulim, 2004
  5. Métraux Alfred, Le vaudou haïtien, Editions Gallimard, 1958
  • Barthélémy Gérard, Mimi Barthélémy, Haïti, la perle nue, Vents d’ailleurs, 2010
  • Beniamino Michel, Thauvin-Chapot Arielle (dir.), Mémoires et cultures : Haïti, 1804-2004, Editions Pulim, 2004
  • Leconte Frantz-Antoine (dir.), Le vodou en Haïti, Les mythes revisités, Editions du Cygne, Paris, 2009
  • Métraux Alfred, Le vaudou haïtien, Editions Gallimard, 1958
  • Meudec Marie, Maladie, Vodou et gestion des conflits en Haïti, Le cas du Kout Poud, L’Harmattan, Paris, 2007
  • Wargny Christophe, Haïti n’existe pas – 1804-2004 : deux cents ans de solitude, Editions Autrement, Paris 2008
  • Haïti Kenbe, Editions Luc Pire, 2010 (livre photos)
  • Butcher Pablo, Middelanis Carl-Hermann, Urban vodou, Politique et art de la rue en Haïti, Editions Belin, 2010
  • Damoiseau Robert,  Gesner Jean-Paul, j’apprends le créole haïtien, Editions Karthala, 2002
  • Saint-Eloi Rodney, Haïti, Kenbe la !, 35 secondes et mon pays à reconstruire, Editions Michel Lafond, 2010
  • Haïti Kenbe, Editions Luc Pire, 2010 (livre photos)
  • Stone Nick, Tonton Clarinette, Editions Gallimard, 2008
  • Trillard Marc, Le maître et la mort, Editions Gallimard, 2003
  • Barthélémy Mimi, Contes diaboliques d’Haïti, Editions Karthala, 1995